Le dernier fort avant la fin de monde

Alerte aux mutants

   J’avais enfin rejoint l’Enclume. Malgré un froid glacial qui chamboulait mes sens à mon arrivée en Norsca, le voyage fut relativement aisé. Sigmar avait du veiller sur mon trajet pour ne pas rencontrer un seul barbare ou brigand. Je fus accueilli par les soldats et le chef de mon ordre ; un certain père Sigmus à l’aire austère qui ne prit aucune pincette pour me signaler la différence de rang entre lui et moi.
On m’affecta à une chambre à quatre lits dont l’un d’eux était déjà visiblement occupé. La personne couchée se releva d’un bond. Je remarquai rapidement ses habits de noblesse et son fleuret à la ceinture. « C’est bien une arme de maniéré ; je suis sur que l’on peut tricoter un bon châle avec ça. » fut ma première remarque. L’individu confirma mon analyse lorsqu’il ouvrit la bouche. Jamais je n’avais autant entendu d’insanités dans la bouche d’un noble. Il pestait sur le fait que c’était sa chambre ; qu’il devait déjà la partager avec un apprenti sorcier et qu’il ne saurait accepter un autre individu. Je n’eu pas le temps de prononcer un mot qu’il partit en trombe ses râles s’atténuant au fur et à mesure qu’il s’éloignait dans le couloir. J’appris plus tard par un soldat, qui leva les yeux au ciel lorsque je lui posai la question, que ce noble était un ami du commandant Wilfrid Irving : von Touf était son nom de famille.

   Entre deux lavages de chapelle et au milieu de plusieurs prières, je me baladais dans l’enceinte. Je voyais toujours un individu se promener sur le chemin de ronde les bras dans le dos et les yeux au ciel. Ma curiosité m’emboita le pas. Je me présentai à cette personne qui d’abord m’ignora. Son regard se posa sur moi au bout d’une bonne dizaine de minutes. D’une voix qui le faisait passer pour quelqu’un de très intelligent et cultivé, il me dit qu’il était bien Destiné Séganié et me demanda si j’étais le préposé au beurre. Lorsque je répondis par la négation, il releva les yeux au ciel et m’ignora de nouveau. J’avais entendu des rumeurs sur les rêveries incessantes et les mystères entourant les sorciers célestes mais là je dois dire que j’eu du mal à cerner cet apprenti rêveur. J’espérai juste qu’il soit aussi compétent que son ton était hautain.

   Un jour, lorsque je fis un passage près des étables, je vis un individu à la longue chevelure noire et vêtements sombres me dévisager dans l’ombre. Ses yeux s’écarquillèrent à ma vue. Il m’interpela en me disant « Ah ! Voilà enfin le négociateur des primes ». Il fut bien déçu lorsque je réfutai son affirmation. Il se présenta à moi sous le nom de Klint. Il fit un tour de passe-passe avec son arbalète de poing lorsqu’il prononça fièrement son nom manquant de peu de faire tomber son arme au sol. Je trouvai ce personnage attachant. Son allure était sombre et pourtant une certaine sympathie s’émanait de lui. Il avait été engagé ici comme mercenaire et semblait être un champion du pistage. Une compétence ma fois très utile si nous sortons un jour de ces murs même si de toute façon au final, ce sera Sigmar qui tracera le chemin de notre destiné.

   Les trois premières semaines furent très calme voir ennuyeuses. Ce fut au bout de tout ce temps que nous fîmes enfin la connaissance du commandant Wilfrid Irving ; un jeune capitaine que ses soldats admiraient et qui avait réussi à négocier un traité avec la tribu norse Norgrim. Mise à part les plaintes de notre cher noble, le repas fut bien calme.
Une visite inattendu d’une émissaire elfe accompagné de deux soldats de sa race nous sortit de la torpeur. Elle avait été attaquée par des mutants alors qu’elle se rendait en visite officielle pour rencontrer le roi de Norsca. Elle avait réussit à se réfugier ici au prix de nombres de soldats tués. Elle fut accompagnée à l’intérieur de la bâtisse par le commandant, Klint et von Touf. Destiné retourna sur les remparts à scruter les étoiles. Pour ma part, j’allai discuter avec un soldat de garde à la porte afin de vérifier qu’ils étaient bien prêts en cas d’attaque.

   Un cri étouffé vint à mes oreilles mais j’aurai préféré entendre plus avant les barbares mutants qui s’étaient discrètement infiltrés dans la cour. Un énorme barbare tout en muscles entra dans ma pièce la porte volant à grand fracas. Je reconnu la perfidie à ses deux cornes démoniaques au sommet de son crâne. Je n’attendis pas pour lui porter un violent coup de marteau dans le plexus qui le fit tomber en arrière. Je me précipitai vers lui levant mon marteau de mes deux mains. Je l’abattis sur son crâne en hurlant le nom de Sigmar mais il réussit à esquiver de justesse. Alors que mon arme se planta dans la terre et la neige, il roula de coté reprenant sa hache en main. D’un geste brusque je tentai un uppercut de mon marteau qui se souleva dans une gerbe de terre. La puissance du coup fit décoller la tête du barbare en l’air. Alors que son corps tomba inanimé sur un tapis de neige empourpré, je fis un rapide compte rendu des ennemis dans la cour. Sur les remparts, le commandant était entrain de négocier à l’épée un traité visant à pourfendre en deux un autre de ces mutants. A coté de moi, je vis une scène horrible : un mutant enroulait le tentacule qui lui servait de bras droit autours du cou d’un pauvre soldat qui se vidait de son sang. Je ne réfléchis pas et assainis un coup qui l’écarta de l’infortuné. Mon deuxième coup en revanche aurait du être moins instinctif car mon marteau glissa sur la substance visqueuse du tentacule. Elle s’enroula rapidement autours de mon arme. Je fis lâcher prise à cette abomination par un coup de botte dans ses dents. Alors qu’il se releva, mon marteau vint écraser son bras humain contre sa cage thoracique brisant nette son avant-bras. Il prit alors la fuite vers les portes de l’Enclume. Je me jetai immédiatement à sa poursuite. Dans un ultime effort désespéré pour me stopper, il projeta le cadavre d’un des soldats que j’esquivai de justesse. J’abatis mon marteau entre ces deux omoplates pour mettre un terme à sa fuite. Le coup le projeta contre la porte. Sa tête heurta le montant de celle-ci et il finit sa course assommé dans la neige.

   Alors que le chef des mercenaires Norse en faction à l’Enclume, Haldor, débarqua en trombe avec ses hommes pestant qu’on ne l’ai alerté, je m’assurai que ma proie ne s’enfuirait plus en lui brisant une cheville. Un mercenaire norse m’aida à fermer les portes et rabattre la lourde poutre en bois pour les sceller. Alors que Haldor niait la possibilité de l’existence de rebelles mutants dans sa tribu, une lourde détonation se fit entendre de la salle principale de la bâtisse. Quelques temps après, Klint débarqua en trombe à ma hauteur alors que von Touf tenait le commandant dans ses bras une flèche lui perçant le torse. Je me hâtai d’aller le soigner mais mes maigres compétences en ce domaine se limitèrent à le faire encore plus souffrir. Wilfrid, dans un ultime souffle avant de tomber inconscient, ordonna à Von Touf d’aller chercher le père Sigmus. Ce qu’il fit presque immédiatement revenant quelques minutes après avec le prêtre ensanglanté. Tous deux se rapprochèrent du corps du commandant l’un râlant pour notre maigre efficacité et l’autre pour les tâches de sang sur ses beaux et couteux habits. Alors que le père Sigmus extirpa la flèche du corps de Wilfrid afin de lui prodiguer les premiers soins, le corps d’alerte retentit dans l’enceinte. Mon regard perçut au loin les flammes grandissantes du feu d’alarme. L’émissaire elfe qui nous avait rejoint confirma la présence de poison sur la flèche et des maigres chances de survie du commandant passé une semaine.

   Les choses s’étant un peu calmé, je décidai d’aller enquêter auprès de mon cher ami le poulpe. Je stoppai de justesse Haldor qui avait entreprit de l’achever. J’entrepris avec Klint de faire parler notre mutant réveillé par le revers de main d’Haldor mais sans grand résultat. L’interrogatoire fut stoppé net par une flèche qui tomba du ciel pour se loger dans le crâne du mutant dans une gerbe de sang et d’encre. Malgré les lucioles créées par Destiné, nous ne perçûmes pas l’assassin aérien. Seule une plume noire de corbeau tomba dans la main de Klint. C’est dans le silence qui suivit que je vis mon premier flocon de neige me tomber sur le bout du nez. Sans un mot, j’allai enterrer les corps des soldats mort au combat et bénir leur courage.

   Père Sigmus réunit tout le monde dans la chapelle. Etant commandant en second, il se fit une joie de prendre les rênes de l’Enclume dans une psalmodie d’ordres que notre noble de service n’apprécia aucunement. Je pense que c’est de voir son ami Wilfrid meurtri avec peu de chance de survie qui le mit hors de lui. Les ordres étaient simples : ramener la chamane de la tribu Norgrim de grés ou de force pour soigner le mal qui rongeait le commandant. Von Touf, complètement déboussolé ou ne connaissant que trop peu le dogme de Sigmar, nous réunit dans la salle d’armes pour nous faire part de sa méfiance envers le prêtre. Nous réussîmes tout de même à lui faire entendre raison. Nous nous préparâmes alors pour partir à la rencontre du Jarl Balguf de Norgrim en quête d’un remède dans la tempête glaciale qui s’annonçait.

Anatharion,
Initié de Sigmar

Comments

Thalar

I'm sorry, but we no longer support this web browser. Please upgrade your browser or install Chrome or Firefox to enjoy the full functionality of this site.